FRANCISCO RUIZ DE INFANTE AVEC CHRISTIAN SEBILLE / TABLES AMPLIFIEES (BESTIAIRE)
Du
8 Février au 1 avril 2007
Vernissage le mercredi 7 février 2007 à partir de 18h00
AU COLLÈGE / FRAC / FONDS RÉGIONAL D’ART CONTEMPORAIN CHAMPAGNE-ARDENNE /
Exposition ouverte du mardi au dimanche de 14h00 à 18h00

Dans une époque où l'école, les organes de presse, la télévision, la publicité, la politique, prophétisent un monde d'idées simples, univoques que l'on aborderait par des actions déterminées et rationnelles, Francisco Ruiz de Infante nous rappelle très à propos combien la pensée humaine est de nature complexe. Toute formulation d'idées est inévitablement incomplète puisque l'esprit est un terrain meuble sur lequel les certitudes s'enlisent sans cesse sous l'effet de nos contradictions, de l'indicible, de la complexité des langages, de la mémoire et de la représentation.
Depuis quelques temps, Francisco Ruiz de Infante réalise et collectionne des schémas techniques, des notes et diagrammes manuscrits, qu'il qualifie indistinctement de «dessins», des cartographies neuronales qui révèlent combien la force de la pensée est d'être fondamentalement empêtrée. Tables, bureaux, laboratoires, atelier, lieux de projection, tables de dissection, ces «milles-et-un plateaux» sont pour l'artiste autant de résonateurs de l'esprit. Ainsi l'exposition Tables amplifiées (bestiaire) propose-t-elle un singulier inventaire de dispositions mentales. On passe de La table copiste à d'autres, intitulées Mens-moi, Trois trous, Cabinet de dessin, Disque dur, Télépathie, une série d'installations aux développements organiques et réflexifs, avec çà et là des images de larves, de poux et autres scolopendres sectionnés, qui semblent vouloir nous enseigner des alphabets indéchiffrables.
L'exposition Tables amplifiées (bestiaire) vient aussi concrétiser près de quatre années de travail et d'échange entre l'artiste Francisco Ruiz de Infante et le compositeur Christian Sébille. On comprend que ces résonateurs de pensées aient aussi captivé le musicien électro-acoustique, compositeur des «Villes imaginées» et fondateur de Césaré, Centre national de création musicale à Reims. L'exposition Jeu de cartes (2003) au Centre de création pour l'enfance de Tinqueux, Donala (2005), pièce musicale pour la scène du Grand Théâtre de Reims, La pierre de New-York (symphonie) (2006), concert-performance présenté au Caixa Forum de Barcelone, ou encore la création musicale et plastique composée pour l'abbaye de Clairvaux en septembre de cette année, ont montré dans les diverses formes de leur collaboration une attention mutuelle, la confrontation tenace des exigences, la curiosité et un sens commun du jeu, produit de moments rares et précieux de création. Une publication, en préparation, rendra compte des amplifications de cette véritable rencontre entre les arts visuels et musicaux.
L'exposition Tables amplifiées (bestiaire) a été produite en partenariat avec Césaré, Centre national de création musicale, Reims / Autour de la terre, Auberive / le Centre d’art La Panera, Lleida, Espagne.
La pierre de New-York (symphonie) sera présentée à Reims au Manège / Scène Nationale le vendredi 7 septembre 2007 à 19h00.
L’exposition Tables amplifiées (insectes) au Centre d’art La Panera, Lleida en Espagne, prolongera celle du Frac Champagne-Ardenne, à partir du 20 avril 2007.
NICOLAS BOULARD / LE TEMPS QUI RESTE
Du
8 Février au 1 avril 2007
Vernissage le mercredi 7 février 2007 à partir de 18h00
AU COLLÈGE / FRAC / FONDS RÉGIONAL D’ART CONTEMPORAIN CHAMPAGNE-ARDENNE /
Exposition ouverte du mardi au dimanche de 14h00 à 18h00

Le travail de Nicolas Boulard se déploie sous des formes hétérogènes : clips vidéo, photos numériques, sculptures inspirées de mobiliers, jeux, gonflables... Doublement diplômé en art et en design à l'Ecole Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg, Nicolas Boulard a été «résident» du Collège Invisible, réseau d'enseignement artistique sur Internet, créé par Paul Devautour. Il collabore régulièrement avec de grands talents de la musique électronique tels que Console, Joachim Montessuis ou Ikko Yamagochi et réalise des clips qui interrogent chacun à leur façon, la persistance obsédante avec laquelle les signes et les images de communication marquent la conscience.
Nicolas Boulard s'est fait connaître par un travail très singulier sur le vin. Authentique spécialiste, issu lui-même d'une famille du champagne, il réalise des vins et projets vinicoles pour lesquels la générosité, la convivialité, le sens du partage, rencontrent une position critique, parfois provocatrice, mettant en jeu les fragilités et les préjugés de cette industrie. Le H 20 ou H2 O, suivant sa prononciation, est un vin sans raisin, uniquement constitué d'eau et des correcteurs de goût plus ou moins autorisés par la loi. Le Grand Vin de Reims, oeuvre - multiple créée pour l'Association des Amis du Frac Champagne-Ardenne, est le fruit de vendanges sur la totalité des «parcelles» de la ville de Reims : grandes surfaces, épiceries diverses, voire même les vignes décoratives des ronds-points.
Que ce soit pour les films, les objets, les vins, c'est avant tout l'œuvre d'un hacker de la pensée, qui s'infiltre et pénètre les systèmes ou les savoir-faire, en disloque les composantes structurelles pour en proposer des alternatives et d'autres perspectives. L'exposition Le temps qui reste, référence à un texte de Giorgio Agamben qui montre comment une œuvre du passé ne parvient à sa lisibilité qu'à certains moments de l'Histoire, aborde la question de la durée, montre au travers du vin que l'œuvre d'art elle-même est l'objet d'un lent mûrissage, qu'elle fait l'expérience du temps et inscrit ses propres cycles temporels.
En conjonction avec l'exposition, le Frac Champagne-Ardenne et les éditions Analogues, publient un numéro de Semaine sur le travail de Nicolas Boulard, comprenant un texte et un projet original de l'artiste américain Ben Kinmont.
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