LUTZ, UNE MONOGRAPHIE/
LE
COLLÈGE /FRAC
/ FONDS RÉGIONAL D’ART CONTEMPORAIN CHAMPAGNE-ARDENNE
/
1, PLACE MUSEUX 51100 REIMS / TÉL 03 26 05 78 32 /
EXPOSITION
DU 25 NOVEMBRE AU 15 JANVIER 2005/
VERNISSAGE LE MERCREDI 24 NOVEMBRE 2004 À 18H00 /

L'exposition " Lutz,
une monographie " tente de s'émanciper
des connexions forcées entre art et mode qui ont jalonné les
années
90. Elle se propose de révéler la fracture du classicisme à l'ouvre
dans le style de Lutz par une fracture globale impliquant le dispositif,
mais
aussi, par capillarité, les objets (art ou images) choisis pour
la réfracter. En partant
du principe que le musée est, par essence, un lieu de transaction
impossible (contrairement à la boutique à laquelle la
survie de la mode est associée), exposer de la mode revient à exposer
un lifestyle, un climat adéquat à la
lisibilité d'une esthétique hors de toute fonction mercantile.
L'exposition " Lutz,
une monographie " consiste donc à définir l'architecture
d'un cadre idéal en forme de laboratoire ouvert à l'appel
d'air de connivences spécifiques,
où la mode selon Lutz puisse exhiber ses tics dans une bulle
environnementale à son
image.
Lutz,
le style
Depuis
mars 2000, date de sa première collection, Lutz se plaît à redonner
vie aux classiques de la garde-robe. Allemand made in France, il émoustille l'épicentre
de la mode lassé des vagues rétro en pratiquant
des cross-gender qui font mouche : combinaison de travail pailletée " soir ",
veste de smoking façon blouson de sport, manteau se dézippant
en bustier ou trench jouant les cache-cour. Un transfert qui a pris
les allures d'un style où, passé le premier effet de " gag ",
chaque vêtement
signé Lutz dévoile une construction d'une époustouflante
rigueur. Transgressant nos " basiques " (chemise, veste,
jupe, etc.) en cérébral de l'étoffe,
Lutz nous allège ainsi de l'idée que tout a été fait.
Emblèmes d'un porté à la fois connu et autre,
ses vêtements
transcrivent une insolence parfaitement millimétrée
qui n'est pas sans faire écho à une phrase de Roland
Barthes : " L'impuissance à nommer est un bon symptôme
de trouble ".
Commissariat
Nés respectivement en 1969 et 1972, Samuel Drira et Sybille Walter
créent le magazine de mode et d'art ENCENS en 2001. Travaillant
en binôme, ils ont en commun le goût d'une rigueur sans fioriture
qui caractérise leur démarche.
Après avoir défendu les créations de Lutz depuis
son premier défilé, le moment leur a semblé propice
de conjuguer les vingt ans du FRAC avec le dixième opus
du créateur
allemand au sein d'une exposition qui serait comme le prolongement
en 3D d'une exploration d'un style investie depuis 14 numéros.
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