




Oeuvres de Cyprien Gaillard, Valérie Jouve, Didier Marcel
Dans le cadre de la 4e Semaine des cultures urbaines, la Ville de Saint-Dizier a convié le FRAC Champagne-Ardenne à investir les espaces du musée municipal pour y présenter une sélection d'œuvres de sa collection.
Dans un contexte qui n'est plus celui de la ville historique, mais bien celui d'une ville diffuse et éclatée, les constructions récentes témoignent d'une situation nouvelle caractérisée par l'absence de sens du territoire, qui semble se construire tout en se décomposant, qui est devenu un espace d'éternelle périphérie où ne subsiste aucune mémoire culturelle.
Fascinantes, oniriques ou plus ancrées dans une réalité sociale et politique, les œuvres réunies dans l'exposition Tales of the City ont en commun de s'interroger sur une période aujourd'hui révolue, où architecture et progrès social allaient forcément de pair : architecture fonctionnaliste, grands ensembles, habitat collectif... Autant de termes et de concepts qui ont largement été remis en cause, et les artistes présentés dans cette exposition ne dérogent pas à la règle en faisant de la critique de ces théories liées aux utopies modernistes un élément central de leurs pratiques.
On retrouve également dans les œuvres de l'exposition une relation forte à la notion d'entropie chère à l'artiste américain Robert Smithson (1938-1973). Ce qui est prépondérant selon lui, c'est que le temps peut s'imposer tôt ou tard sur les constructions humaines, qu'un jour ou l'autre il parvient à prendre le dessus sur l'édifice, le réduisant à l'état de ruine.
L'œuvre photographique, filmique, graphique et picturale de Cyprien Gaillard (né en 1980 à Paris ; vit et travaille à Berlin) prend sa source dans l'observation du paysage rural et urbain et l'exploration des rapports entre nature et architecture. L'artiste est fasciné par les grands ensembles architecturaux et l'action de l'homme sur son environnement. Développant une forme très personnelle de Land art, fasciné par l'œuvre de Robert Smithson et la notion d'entropie qu'il a développée dans son travail, Cyprien Gaillard mène, dans une démarche oscillant entre romantisme et vandalisme, une recherche sur les traces laissées par l'homme dans la nature.
Le film Cities of Gold and Mirrors a été produit par Cyprien Gaillard pour son exposition monographique au FRAC Champagne-Ardenne en 2009 et tourné en 16mm au Mexique, à Quintana Roo, dans la province du Yucanan. Il est composé de cinq scènes situées à l'intérieur et à l'extérieur de la ville de Cancun, fondée au début des années 1970, au moment où disparaissait Smithson, qui avait lui-même beaucoup travaillé dans cette région. Apparaissent des vacanciers américains, un hôtel, des dauphins nageant dans la piscine de cet hôtel, un membre d'un gang célèbre de Los Angeles, les Bloods, dansant sur les ruines d'un site archéologique Maya appelé El Rey, la façade en miroir d'un immeuble en train d'être démoli et l'intérieur d'une immense boîte de nuit...
La démarche de Didier Marcel (né en 1961 à Besançon ; vit et travaille à Dijon) est centrée sur l'idée d'opposition et de contraste qui consiste à extraire certains éléments, souvent les plus banals, de leurs contextes originels pour les réintroduire dans l'espace muséal. Sans titre (Seita), 2004, montre, sur un socle rotatif, une maquette de l'ancienne usine Seita de Dijon, alors en cours de destruction. A l'inverse d'une maquette d'architecture traditionnelle, censée présenter un projet en cours ou à venir, cette œuvre affirme sa dimension de monument à la mémoire d'un passé industriel en train de disparaître. Le socle giratoire fait lui référence au monde du commerce et confère à l'ensemble un statut paradoxal, comme si l'on faisait la promotion de la ruine.
Valérie Jouve (née en 1964 à Saint-Etienne ; vit et travaille à Paris et Jérusalem) confronte physiquement des architectures périurbaines à des visages et des corps, dans des portraits urbains d'une grande intensité. Anthropologue de formation, photographe et vidéaste, elle est l'une des artistes françaises les plus importantes de sa génération. Son œuvre se situe volontairement entre un enregistrement quasi documentaire de la réalité urbaine et des propositions scéniques très élaborées tendant vers la fiction. Valérie Jouve s'intéresse aux zones périphériques, aux espaces délaissés et à la manière dont l'individu les habite et leur résiste.
Invitée par le FRAC Champagne-Ardenne en résidence dans le quartier du Vert-Bois de Saint-Dizier en 2009, elle y réalise, avec la participation des habitants du quartier, un travail sur le « portrait de famille ». A l'occasion de l'exposition Tales of the City, l'artiste présente un diaporama inédit rassemblant les images déjà réalisées, première étape d'un travail en cours : « Dans le rapport à l'image, il y a une multiplicité de sens. Toutes les images ont dans le même temps une valeur documentaire et leur émotion propre. Pour moi, l'histoire que l'on vit se voit autant dans les corps que dans les lieux. J'aimerais accompagner, à ma manière le monde d'aujourd'hui ».Remerciements : Valérie Jouve ; les habitants du Vert-Bois ; FRAC Bourgogne, Dijon ; Galerie Xippas, Paris
Exposition du 17 avril au 6 juin 2010
Vernissage le vendredi 16 avril 2010
Musée municipal
17, rue de la Victoire
52100 Saint-Dizier
T 03 25 07 31 26


Oeuvres de Christian Andersson, Davide Balula, Nicolas Boulard, Benoît Broisat, Claude Closky, Willem Cole, Sébastien Gouju, Harold Guérin, Raymond Hains, Alain Jacquet, Philippe Mayaux, Laurent Montaron, João Penalva, Bruno Perramant, Uri Tzaig
Commissaire de l'exposition: Florence Derieux
À l'invitation du centre d'art contemporain Passages, le FRAC Champagne-Ardenne a conçu une exposition dans laquelle sont réunies des œuvres de sa collection réalisées par des artistes de générations et de nationalités différentes ainsi que des œuvres produites spécialement à cette occasion par un jeune artiste lorrain ayant été récemment invité à travailler en Région dans le cadre de la résidence d'artistes interrégionale des Frac du Grand Est.
L'exposition explore la question de la perception. Partant d'un constat - chacun des sens humains peut être trompé, que ce soit de manière objective (illusion d'optique) ou subjective (différence ou absence de perception, désir de croire...) - elle réunit des œuvres qui, toutes, produisent une illusion. Nous percevons en effet par les sens, mais également par l'esprit ; nous percevons donc en fonction des stéréotypes que nous avons en mémoire. La notion de perception est d'ailleurs appréhendée, en psychologie, comme le processus de recueil et de traitement de l'information sensorielle. Ainsi, une perception déformée d'un sens constitue une illusion. L'expérimentation permet de la révéler. Pourtant, c'est bien souvent l'illusion qui, nous confrontant soudainement à une réalité « à plusieurs entrées », nous amène à considérer et à imaginer d'autres possibles. C'est cette dimension que L'avenir d'une illusion se propose d'explorer.
Prenant pour titre celui d'un ouvrage du célèbre psychanalyste autrichien Sigmund Freud publié en 1927 cette exposition rassemble un corpus d'œuvres très hétérogènes, mais qui ont toutes en commun de mettre en doute nos convictions les plus intimes. Ainsi, certains artistes, tels Christian Andersson ou Harold Guérin, jouent sur les illusions d'optique pour mieux nous tromper. D'autres encore, à l'instar de Benoît Broisat, s'approprient des effets spéciaux résolument « lowtech» qui modifient notre perception, pour paradoxalement nous confronter à la réalité du conflit afghan. Chez Sébastien Gouju, c'est par le détournement d'éléments familiers que s'opère ce trouble de la perception. Ces illusions peuvent également résulter de savants jeux d'échelle et prendre des formes pour le moins psychédéliques - le Jupiter Donut en orbite d'Alain Jacquet - ou beaucoup plus poétiques, avec l'installation silencieuse de Davide Balula. Autant de propositions troublantes qui s'appréhendent par l'expérimentation et la confrontation directe avec les œuvres et mettent à mal nos certitudes.
Exposition du 18 septembre au 30 octobre 2009
Vernissage le 17 septembre 2009 à 18h00, en présence des artistes
Centre d'art contemporain Passages
9, rue Jeanne d'Arc
F-10 000 Troyes
T 03 25 73 28 27

Œuvres de Tobias Bernstrup, Julien Discrit, Jimmie Durham, Latifa Echakhch, Adriana Garcia Galan, Raymond Hains, Pierre Huyghe, Valérie Jouve, Glen Rubsamen, Raphaël Zarka
Dans le cadre de la 3e Semaine des cultures urbaines, la Ville de Saint-Dizier a convié le FRAC Champagne-Ardenne/ Fonds régional d'art contemporain à investir les espaces de son musée municipal pour y présenter une sélection d'œuvres de sa collection.
Les œuvres réunies dans l'exposition Mythologies urbaines explorent la ville de différentes manières, s'appropriant des éléments de son histoire et de son quotidien comme pour inventer d'autres mythes et légendes.
Ce jeu entre passé et présent trouve un écho plastique inattendu chez Raphaël Zarka. A la fois réappropriation d'une forme artistique et dialogue entre des cultures a priori éloignées Riding Modern Art, une collection photographique autour de Spatial Composition 3 (1928) de Katarzyna Kobro (2007) est constituée de photographies de skateurs évoluant sur des sculptures urbaines au cœur de l'espace public devant lesquelles l'artiste présente la réplique d'une sculpture de 1928, comme un écho aux utopies déchues de la modernité.
A l'inverse, Julien Discrit joue d'un rapport intime à la ville. Ainsi, Carte mémoire et Carte mémoire (Paris), deux œuvres produites par le FRAC Champagne-Ardenne en 2008, lui permettent de dresser une topographie personnelle à usage individuel des lieux qu'il fréquente, à la manière d'un « rebbelib », une carte de navigation utilisée au 19e siècle dans la région des îles Marshall.
Avec La Toison d'or (1993), Pierre Huyghe explore quant à lui l'espace social d'une ville, Dijon. Nom donné à un centre commercial après avoir été celui d'un ordre médiéval dont la ville a tiré ses armoiries, le mythe de la « toison d'or » est réactivé par l'artiste dans une manifestation où des adolescents coiffés de têtes d'animaux traînent sur l'aire de jeux d'une cité HLM. Un dépliant sans commentaire, déposé au syndicat d'initiative, annonce cette manifestation. Ceux qui y assistent en deviennent partie constituante. La ville est ici traitée comme un organisme régi simultanément par ses services publics, les événements qui s'y produisent, et le comportement de ses habitants.
Jimmie Durham affirme lui aussi, avec le Bâton pour marquer le centre du monde à Reims (1996), cette relation très subjective à la ville, qui pour un instant peut devenir un centre du monde possible.
Ce rapport très personnel à l'espace urbain se retrouve chez Raymond Hains qui, dans la série Cours Langlet (1998), s'invente une géographie inédite, lexicale et ludique, à partir d'une rue de Reims.
Valérie Jouve confronte physiquement des architectures périurbaines à des visages et des corps dans des portraits urbains d'une grande intensité. Parallèlement à l'exposition Mythologies urbaines, Valérie Jouve est invitée en résidence à Saint-Dizier par le FRAC Champagne-Ardenne. Ce projet devient ainsi le point de départ d'un important travail photographique que l'artiste développe actuellement avec les habitants du quartier du Vert-Bois.
Dans Sans titre (11 mars 2005) (2005), l'artiste marocaine Latifa Echakhch aborde la ville en tant qu'espace politique. Cette vidéo montre un long plan séquence sur une rue de Paris avant, pendant et après une manifestation. Apparaissent à l'écran les protagonistes habituels (service d'ordre, politiques, manifestants, policiers...) jusqu'à l'arrivée des services de nettoyage de la ville qui, méthodiquement, effacent les traces de l'événement, jusqu'à la prochaine manifestation. L'espace public est ainsi continuellement occupé, réapproprié par les manifestants, mais l'œuvre aborde dans le même temps la question de la portée de toute action humaine, et bien sur celle de l'artiste.
L'artiste colombienne Adriana Garcia Galan joue également avec humour de cette relation au politique dans sa vidéo intitulée Speechbox (2006). Un « beatboxer » réinterprète les discours de vœux du Président de la République française de l'époque devant un décor urbain banal et sans qualité.
Symbole triomphant de la réunification de Berlin, la Potsdamer Platz est rapidement devenu un ensemble architectural qui juxtapose commerces, culture de masse, bureaux et habitats, dans un oubli permanent de son passé. L'œuvre Potsdamer Platz (Unreal Edit) (2001), de l'artiste suédois Tobias Bernstrup, est un jeu vidéo sombre et désespéré qui affirme la virtualité de ces nouveaux espaces urbains sans mémoire.
Cette relation ambigüe au divertissement se retrouve également dans les deux tableaux de l'américain Glen Rubsamen, Point photo, Pocahontas Village (1997) et Discovery Land Station (1998), qui représentent des paysages en apparence romantiques, mais qui ne sont pourtant rien d'autre que des points de vue photographiques sur des parcs d'attraction. Lieux « mythiques » par excellence, les parcs d'attraction nous renvoient à nos attentes, bien souvent conventionnelles, que l'artiste, à travers ses compositions méticuleuses, cherche à perturber.
Exposition du 17 avril au 14 juin 2009
Vernissage le jeudi 16 avril 2009
Musée municipal
17, rue de la Victoire
52100 Saint-Dizier
03 25 07 31 26

Œuvres de Hélène Agofroy, Benoît Broisat, Julien Discrit, Luigi Ghirri, David Renaud
Commissaire de l'exposition : Marc Bembekoff
« L'œil ne voit pas, il construit, il imagine l'espace. La carte n'est pas un objet mais une fonction ». Christian Jacob, L'empire des cartes. Approche théorique de la cartographie à travers l'histoire, Albin Michel, Paris, 1992, p. 21
En résonance avec les « chroniques de voyage », thématique développée par le Château du Grand Jardin, le Frac Champagne-Ardenne / Fonds régional d'art contemporain propose avec L'envers des cartes une exposition au sein de laquelle Hélène Agofroy, Benoît Broisat, Julien Discrit, Luigi Ghirri et David Renaud présentent leur propre conception de la cartographie.
L'intérêt actuel des artistes pour la cartographie n'est pas anodin, il est même symptomatique d'une époque de transition où l'application de technologies à la géographie permet de radiographier la terre entière (notamment avec le logiciel Google Earth). Alors que les techniques contemporaines s'efforcent de mesurer avec précision les données physiques du relief terrestre, la carte peut se voir investie d'un rapport intime qui traduit une certaine subjectivité de la perception.
Si les cartes donnent à lire les éléments constitutifs d'une information physique (via un ensemble de traits, de lettres, de formes et de couleurs), les artistes présentés ici donnent à voir des cartes personnelles et subjectives, détournant habilement le vocabulaire usuel de la cartographie. David Renaud tire ainsi parti des données cartographiques pour en extraire leur plasticité (des monochromes de couleur ou des sculptures monumentales façonnées par le relief). En réutilisant un objet connu et utilisé par tous, Hélène Agofroy brouille les pistes de notre supposée connaissance de la carte de France. Julien Discrit et Benoît Broisat proposent quant à eux une lecture inédite du monde défiant toute objectivité scientifique : leur expérience personnelle d'un territoire prévaut sur la neutralité scientifique. Enfin, en sillonnant l'Italie tout en relevant ses caractéristiques a priori anodines, Luigi Ghirri, tel un chroniqueur, radiographie un pays entier à sa manière.
Contre l'objectivité supposée de la géographie, les artistes de cette exposition se réapproprient un médium auquel ils vont conférer une dimension plastique et poétique, proposant par-là même des interprétations plurielles du sens que l'on peut donner à l'espace.
Exposition du 20 septembre au 21 décembre 2008
Vernissage le vendredi 19 septembre 2008 à partir de 18h
Centre culturel de rencontre du Grand jardin
5 avenue de la Marne
F-52300 Joinville
T +33 (0)3 25 94 17 54
F +33 (0)3 25 94 62 42
http://www.legrandjardin.com
Ouvert du mercredi au lundi de 14h à 18h

